Introduction
Pour être honnête avec vous, lorsque le WEC a remplacé les GTE par les GT3, j’avais peur que le GT World Challenge dans sa version Europe en patisse et perde de l’intérêt aux yeux des constructeurs, équipes et pilotes mais forcé de constater que non, et presque au contraire.
Nous avons eu une saison 2025 franchement top, tant en Sprint qu’en Endurance et la saison 2026 s’annonce sur la même lancée avec des équipages qui font franchement rêver et qui sont bien supérieurs aux équipages du WEC dû à sa formule Pro-Am, mais ça on y reviendra dans un autre article.
Tour d’horizon
Je vais parler ici principalement du WEC et du GTWC Europe car même si le premier cité est un championnat du monde, presque toutes les équipes présentes en LMGT3 sont européennes, excepté THoR avec sa paire de Vantage.
Ce que je craignais beaucoup c’était le retrait des équipes emblématiques de la série de SRO en Europe, même si je trouve que la première saison où les 2 championnats étaient avec la formule GT3, donc 2024, les équipages en GTWC Europe étaient un peu « timides », notamment en Pro, la donne est maintenant complètement différente. Au final on y retrouve WRT avec de solides équipages, sans surprises on y retrouve toujours AF Corse avec ses Ferraris, bien qu’étant un peu déçu de ne pas voir Pier Guidi (ça aussi il faudra qu’on en reparle une fois) dans le championnat, mais il y d’autres surprises positives comme la présence de Lilou Wadoux en Pro en Endurance. Nous pouvons aussi mentionner Garage 59 qui va faire ses débuts en WEC mais qui continue sa présence en GTWC Europe avec une voiture en Pro et en Gold avec des équipages pas trop mal au vu du pool de pilotes officiels McLaren en GT3, et que dire de Mercedes avec son armada en GTWC Europe, très impressionnant. Mais il y a aussi le retrait de HRT avec Ford en Sprint qui est un peu dommage, l’engagement de Porsche est aussi un peu (voir très) timide au vu des autres concurrents mais je pense que ce sera comblé par, entre-autre, les autres engagements cités.
Au final je dirais que pour moi le plus gros vide est laissé par l’absence d’AKKODIS ASP en tant qu’équipe, et de Dries Vanthoor. Les duels WRT / AKKODIS avec entre-autre Vanthoor et Marciello c’était quelque-chose!
Le niveau du championnat
Je vais parler ici de l’histoire récente du championnat, entendez par-là à partir de 2019 car c’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’y intéressé.
J’ai tout de même fouillé un peu l’histoire du championnat, anciennement le Blancpain GT Series, je me suis tout de même fait la réflexion que le championnat était très orienté Pro/Am et pour les équipes, avec certes du niveau mais globalement moins d’intérêts, surtout pour les constructeurs et des spectateurs aussi.
Le championnat est maintenant clairement la référence en terme de GT3 avec comme point d’orgue les 24h de Spa et je pense que ce n’est pas par hasard si des pilotes tel que Max Verstappen gardent un oeil sur ce championnat, le niveau est extrêmement relevé et tous les pilotes le dirons, si tu veux performer là-bas, t’as intéret à rouler tout au long de l’année ou du moins, sur un maximum de courses en GT3. Au final le haut niveau attire le haut niveau, dans le sens où plus un championnat est relevé, plus les constructeurs / équipes et pilotes auront envie de s’y frotter et plus belles seront les victoires et le prestige et je pense que le meilleur exemple pour imager cela est Mercedes en Endurance, tous leurs meilleurs pilotes d’usine sont requisitionnés (d’un côté, contrairement à d’autres constructeurs comme BMW et Ferrari, je pense que ça « aide » de ne pas être engagé en Hypercar / GTP avec un proto) et ne vont clairement pas être là pour faire de la figuration.

Un championnat orienté pour les équipes et les pilotes
Sans être un acteur du championnat, j’ai le sentiment que SRO est un promoteur à l’écoute et qu’il y a vraiment ce lien de confiance entre eux et les équipes et constructeurs. Au delà de l’organisation d’un week-end de course, tout ce qui se passe en coulisse a l’air de plutôt bien rouler et ça se voit ensuite sur, entre-autre, les engagements à la saison et la fidélité de certaines équipes à ce championnat.
Comme dit avant je pense que le niveau n’y est pas pour rien non plus et étant la référence en matière de GT3, il est normal que les équipes et les pilotes aient envie de s’y frotter, mais le niveau n’est pas arrivé par hasard non plus, si les différentes parties sont attirées maintenant par ce championnat c’est aussi que SRO a su quoi faire à un moment donné pour attirer les « premiers » ainsi que de les fidéliser, surtout après la pandémie de COVID-19 où beaucoup disaient que le sport auto allait s’écrouler. Certe ça ne s’est pas fait en 5 ans et il y a évidemment beaucoup de travail et sur le long terme, mais tout ce travail depuis plusieurs années porte maintenant ses fruits et on ne peut que s’en réjouir, je profite pour passer un grand Merci à toutes ces personnes qui travaillent dans l’ombre et qui ne sont pas mises en avant mais qui apportent chacunes leur pierre à l’édifice!
Autre point à souligner, différents championnats sont passés sous la gestion de SRO, pour nous en Europe nous pouvons parler de British GT (qui certes connais une baisse des engagés depuis 2 ans) ainsi que du GT4 France (dans la même situation), et je me dis que si SRO n’en avait pas été le promoteur, ça aurait été pire car ils ont l’avantage de pouvoir mettre une sorte d’éco-système en place (bourse pour le meilleur pilote Silver, contact avec des équipes en GT3, etc..). J’ai participé à un week-end de course en 2022 en tant « qu’acteur », à Magny-Cours, dans le cadre du GT4 France et il y avait aussi la manche Sprint du GTWC Europe à ce moment-là. Je manque évidemment d’expérience pour me faire une réelle idée de l’organisation mais franchement de ce que j’ai pu voir ça semblait bien ficelé et pourtant, il y en avait du monde à caler dans les quelques boxs du circuit.
La stabilité
Autre point et pas des moindres, le championnat est stable et si il y a des changements, c’est plutôt dans le bon sens, ne serait-ce que les engagés, si il change c’est pour augmenter mais malgré ça, SRO ne perd pas sa ligne et continue d’agir et d’organiser comme avant quand il y avait un peu moins de popularité et arrive à assumer cette charge.
Si nous prenons par exemple le calendrier, il est lui aussi très stable en terme de date et nombre de course. Je pense que d’autres promoteurs seraient tentés de rajouter des courses au calendrier (+ de courses = + d’argent) mais SRO continue sur sa voie, 10 courses en 2019, 10 courses en 2026. Mais par contre, si il faut mettre un « mais », pour moi ça manque un peu de fantaisie, nous avons globalement souvent les mêmes circuits avec quelques changements de temps en temps (l’arrivée de Portimao, le retrait de Valence par exemple) mais de ce côté-là ça manque un peu de nouveauté. Je ne dis pas de changer la moitier des circuits chaque saisons mais pourquoi pas mettre en place des alternances, je pense beaucoup au Nurburgring, faire une année sur deux là-bas et l’autre à Hockenheim, pourquoi ne pas tenter le RedBull Ring aussi en Autriche, où le DTM s’y rend également, ou encore retourner à Silverstone?
Mais au delà de ce point, je pense que les équipes apprécient cette stabilité, SRO ne veut pas révolutionner qelque-chose qui fonctionne déjà. Adapter oui, révolutionner pour être encore plus bénéficiaire de cette popularité, non.

Conclusion
Au final, j’ai le sentiment que la communication entre SRO et les équipes/constructeurs est bonne, les équipes ont une bonne visibilité sur la direction que prend le championnat, SRO est à l’écoute et s’adapte en fonction de l’évolution, ça se voit également pour les spectateurs qui se rendent sur les circuits. Forcément le championnat profite de la présence des 24h de Spa au calendrier, mais il est vrais que j’entends moins de personnes parler uniquement de cette course quand on parle du GTWC Europe, mais parlent de l’ensemble du championnat et ça veut tout dire au vu du prestige des 24h de Spa.
J’aurais pu aussi parler d’une BOP qui semble très franchement bien faite et nous entendons moins souvent des discours vis-à-vis de ce point et ça se ressens aussi pour nous spectateur durant les courses, peut-être aussi que les prix d’engagement sont stables, les « cash prices » intéressants, des décisions des commaissaires de courses relativement cohérentes, le fait que les GT3 sont maintenant omniprésentes dans les différents championnats, etc… Au final je pense que c’est un tout qui fait que ce championnat ne cesse de gagner en niveau et en popularité et nous pouvons que nous en réjouir et espérer que SRO, avec Stéphane Ratel à sa tête, continue sur cette voie!